dimanche 2 octobre 2016

Bronchiolite du nourrisson : pas d'angoisse !

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Les bronchiolites du nourrisson sont souvent impressionnantes. Pourtant des experts rappellent que, dans la grande majorité des cas, ces infections respiratoires guérissent en quelques jours sans complications et sans nécessiter d'hospitalisation.

A l'approche de l'hiver, les services de pédiatrie voient affluer les premiers nourrissons victimes de bronchiolite. Le surcroît de travail est tel qu'au plus fort des vagues épidémiques certains hôpitaux sont contraints de recourir à du personnel temporaire. Il est vrai que cette infection virale des petites bronches (les bronchioles) est extrêmement fréquente : 500 000 nourrissons, soit près d'un tiers des enfants de moins de deux ans sont touchés chaque année.
Mais le recours à l'hospitalisation est souvent abusive, car la plupart des bronchiolites sont en réalité bénignes et guérissent facilement à la maison.
C'est l'une des conclusions soulignées par les experts réunis par l'Anaes, agence nationale d'évaluation médicale, pour émettre des recommandations sur la prise en charge de cet important problème de santé publique.
La kinésie plutôt que les médicaments
Les bronchiolites touchent les nourrissons de moins de deux ans et sont dues le plus souvent au virus respiratoire syncitial, ou VRS. Tout commence par un banal rhume, sans beaucoup de fièvre ni aucun signe inquiétant. Dans un cas sur cinq, l'infection ne se résout pas spontanément et se propage vers les bronches et les bronchioles, entraînant un épaississement de la muqueuse et une accumulation de sécrétions, qui gênent la respiration. L'enfant tousse, s'essouffle et le passage de l'air dans ses bronches provoque un sifflement perceptible à l'auscultation et parfois même à l'oreille.
Que faire devant ce rhume qui dégénère ? D'abord consulter son médecin traitant et non aller directement à l'hôpital, soulignent les experts. En effet, l'hospitalisation ne s'impose que rarement. Généralement la gêne respiratoire cesse en 8 à 10 jours, même si une toux sans gravité peut persister une quinzaine de jours. Le traitement se résume à deux mesures :
          Une kinésithérapie respiratoire quotidienne pour aider l'enfant à expectorer, si le médecin le juge nécessaire ;
          La désobstruction du nez par l'instillation de sérum physiologique.
En revanche, il n'y a pas lieu, sauf cas particulier, d'administrer d'antibiotiques, inefficaces contre les infections virales, ni d'antitussif, de fluidifiant bronchique ou tout autre médicament.
Trop d'hospitalisations
Deux fois sur trois, les parents emmènent leur enfant à l'hôpital. Ce type d'initiative entraîne des risques d'embouteiller les services de pédiatrie et d'augmenter les risques de contagion, déplorent les auteurs. L'hospitalisation doit être réservée aux enfants les plus fragiles, notamment les bébés de moins de six semaines et ceux présentant des signes de mauvaise tolérance. En résumé, les parents doivent consulter rapidement leur médecin si leur bébé ne boit plus ses biberons, vomit ou a la diarrhée,  ne réagit plus normalement, devient de plus en plus essoufflé, ou si la fièvre augmente. Le médecin pourra alors décider d'une hospitalisation pour surveiller l'enfant et l'aider à passer ce cap difficile.
Il n'est pas rare qu'un bébé fasse plusieurs bronchiolites. A partir du troisième épisode, on parle d'asthme du nourrisson. Mais cela ne veut pas dire que ce nourrisson deviendra un enfant asthmatique. En effet, le développement d'un asthme est essentiellement lié à l'existence d'un terrain allergique, rappellent les experts. La bronchiolite ne semble pas avoir en elle-même d'effet favorisant.

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